Un rapport conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis en octobre 2025 et rendu public fin août 2026, recommande à l’Assurance maladie de réorienter sa politique de contrôle vers les professionnels de santé, porteurs des enjeux financiers les plus élevés.
Le constat chiffré motive cette préconisation. Sur 723 millions d’€ de fraudes détectées et stoppées, les personnes se présentant comme professionnels de santé représenteraient 73,5% des montants, contre 16% pour les assurés. Or les moyens antifraude restent largement mobilisés sur des affaires de faible enjeu : 30% des dossiers examinés portent sur un préjudice inférieur à 1 000€, tandis que 3% des dossiers concentrent 60% du préjudice total, le plus souvent imputable à des professionnels.
La ventilation par profession fait apparaître de fortes disparités. Les centres de santé dentaires et ophtalmologiques arrivent en tête avec 138 millions d’€ de fraudes détectées et stoppées, devant les audioprothésistes à 86 millions d’€, les transporteurs sanitaires à 62 millions d’€ et les infirmiers à 60 millions d’€.
Parmi les pistes avancées figure un meilleur encadrement du tiers payant, dont la généralisation ouvre de nouvelles possibilités de fraude. L’Assurance maladie envisagerait de renforcer l’obligation de présentation de la carte Vitale pour en bénéficier et de simplifier le régime des pénalités financières. Le contrôle des assurés ne serait pas abandonné pour autant, les dossiers de faible montant faisant selon le rapport l’objet d’un traitement trop souple.