Le ministère de la Santé a adressé le vendredi 2 octobre 2026 à la Caisse nationale de l’assurance maladie une lettre de cadrage ouvrant la voie à la négociation d’un nouvel avenant à la convention nationale des orthophonistes. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale prévoit explicitement une revalorisation de la profession.
La Fédération nationale des orthophonistes (FNO) indique avoir alerté les pouvoirs publics à plusieurs reprises sur les tensions démographiques, les difficultés d’accès aux soins, l’insuffisance de l’offre de formation initiale, l’usure professionnelle et la perte continuelle de revenus à euros constants. Une pétition adressée à la ministre de la Santé pour obtenir l’ouverture de ces négociations a été signée par la moitié de la profession en une semaine.
La fédération rappelle que le cadrage ministériel fixe un cadre et non les revendications de la profession. Elle entend porter plusieurs demandes dans la négociation. L’augmentation de la lettre clé constitue sa priorité, alors que les tutelles s’y opposent à ce stade en invoquant les tensions budgétaires pesant sur l’action publique. La FNO réclame également une revalorisation conséquente des bilans, acte long et déterminant pour la mise en œuvre du plan thérapeutique, ainsi qu’une revalorisation de l’acte moyen tenant compte de l’évolution des prises en soin, qui impliquent davantage de coordination et d’adaptation face à des situations cliniques complexes.
D’autres évolutions conventionnelles sont mises sur la table, travaillées de longue date par la profession : la création d’un acte réalisé sans la présence du patient, le déploiement des séances post bilan de prévention et d’accompagnement (BPA), la création du BPA adulte et la rémunération des tuteurs de stages.
Pour les orthophonistes libéraux, l’enjeu dépasse la seule nomenclature. Le niveau de la lettre clé et la valorisation des bilans déterminent directement l’équilibre économique des cabinets, dans un contexte où la revalorisation du chiffre d’affaires conditionne la capacité à absorber la hausse des charges fixes et à maintenir l’attractivité de l’installation libérale.